Routine Gagnante

Améliorez vos routines naturelles pour performer rapidement au tennis

La suggestion que nous fait Antoine Menet dans cet article est très simple. Pourquoi chercher un état mental positif en se construisant ex-nihilo des comportements gagnants (routines) ?  Il sera plus efficace  d’observer ses propres comportements sur le court, d’identifier ce qui fonctionne naturellement et d’ensuite optimiser le tout.

Antoine Menet est hypnothérapeute et utilise l’hypnose et ses techniques pour accompagner les sportifs de toutes disciplines dans la préparation de compétition. Vous retrouverez son site internet ici. Sa passion est la création de ponts entre les disciplines, l’identification des meilleures stratégies mentales d’une discipline pour en faire bénéficier une autre. Il trouve dans le tennis le plaisir d’une discipline très physique, très technique, et très mentale.

Imaginez que vous avez deux voitures : une voiture qui fonctionne, et une voiture qui ne fonctionne pas.
Vous devez aller chercher un colis urgent. Est-ce que vous :

  • Prenez la voiture qui fonctionne ?
  • Prenez le temps de réparer d’abord celle qui ne fonctionne pas, avant d’aller chercher votre colis ?

optimiser ce qui marche plûtot que réparer

Il est assez probable que vous ayez choisi la solution la plus simple : prendre la voiture qui fonctionne.
Et pourtant, en préparation mentale, de nombreux athlètes vont me demander d’améliorer ce qui ne va pas (leur voiture “cassée”) au lieu de s’intéresser à ce qui fonctionne bien chez eux (la voiture qui roule).

Les athlètes ont naturellement tendance à vouloir réparer ce qui ne “fonctionne pas”

Le problème, c’est que “corriger son jeu” ou “améliorer ses compétences” (= réparer la voiture “cassée”) sont des tâches qui demandent du temps et de l’énergie. Sur un temps moyen ou long ce n’est pas un problème, c’est même indispensable.
L’amélioration de sa technique, la correction de ses erreurs… sont des passages nécessaires et fondamentaux pour toute joueuse, tout joueur, mais ils peuvent mettre du temps à produire leurs effets.

En outre, en ne se concentrant que sur ce qui ne va pas, le joueur se retrouve à devoir dépenser une énergie conséquente pour accélérer sa progression, avec le risque de s’éparpiller, ou de se retrouver découragé devant le temps nécessaire pour progresser.
La motivation est bonne, le mental est bon, mais la tâche est ardue et le doute peut s’installer.

Heureusement, une solution complémentaire existe : analyser ce que vous faites déjà de bien, et optimiser ce bon comportement pour être plus rapidement efficace.

Pour reprendre ma métaphore initiale : choisir d’utiliser d’abord ce qui roule.
C’est ce dont on va parler dans cet article, en détaillant l’idée d’ancrages naturels et de routine.

De l’ancrage à la routine

Nous appelons « ancrage » une association entre un élément déclencheur et une réponse interne, elle aussi préalablement déterminée.

Un exemple :

Vous mangez dans un restaurant, et vous tombez malade. Chaque fois que vous repassez devant le restaurant, vous sentez comme un mal de ventre. Vous avez fait un ancrage : votre cerveau associe le mal de ventre et le restaurant. Il attribue à l’mage du restaurant le rôle de décencheur : à la vue du restaurant, la réponse interne surgit automatiquement, c’est le mal de ventre.

En sport, on crée volontairement des ancrages pour activer des états internes positifs :

Si je souffle, je sautille sur place et que je pivote ma raquette (déclencheurs) = je retrouve mon état de concentration optimal (réponse interne).

Lorsqu’on utilise plusieurs éléments pour susciter un état interne (comme dans l’exemple précédent), on parle de routine.
Routine = ancrage de plusieurs éléments déclencheurs d’une réponse interne positive.

Reconnaître ses routines naturelles

Trouver son mode de fonctionnement

Il est possible de créer ses propres routines.

C’est un travail très efficace, mais qui demande un peu de temps. L’objet de cet article est de proposer un outil applicable plus rapidement : l’identification de ses routines naturelles, de ses propres déclencheurs d’états positifs.

Pour cela, je vous propose un exercice de relecture de vos moments positifs, à travers quelques questions :

  • Ais-je un petit mouvement de victoire lorsque je remporte un échange disputé ?
  • Qu’est-ce que je me dis lorsque je remporte un point important? Noter la phrase exacte.
  • Si je devais donner une image qui représente mon meilleur tennis, quelle serait cette image ?
  • Complétez : << Quand je réussis, je me dis en moi même : ……… >>
  • Sur quoi est-ce que je me concentre lorsque je joue mon meilleur jeu ?
  • Quel est le petit rituel que je réalise lorsque je dois jouer un point décisif ?
  • A quoi est-ce que je ressemble lorsque j’attaque efficacement ? Que je défends efficacement ? Quand je gagne ? A quoi ressemblent mes sensations ? Mon environnement ?

Il est possible que vous n’ayez pas réponse à tout. Gardez certaines questions en tête pour votre prochain entraînement, pour vous analyser au prisme de ces questions. L’objectif, vous l’aurez compris, est le suivant : identifier les éléments (pensées, gestes, sons et images) que vous avez lors de moments positifs.

Une fois que vous avez trouvé quelques éléments, il est temps d’apprendre à les utiliser volontairement.

Sélectionner ses routines naturelles.

Une fois que vous avez identifié ce que vous faites lorsque vous êtes en position forte (vos routines naturelles) prenez le temps de comparer cela à votre style de jeu. Je vous renvoie pour cela à l’excellent article de Vincent sur son identité en jeu

Les questions à se poser sont simples :

  • Quelle est l’énergie dont j’ai besoin au vu de mon style de jeu ? Une énergie aggressive, attentive, obstinée, assurée, implacable, explosive… ?
  • Quels sont les moments dans le match où j’ai besoin de cette énergie ?

Choisissez maintenant un élément que vous avez naturellement dans un moment qui correspond à l’énergie recherchée : un mouvement, une pensée, une image, un son (ou une courte combinaison de ces éléments).

Exemple : Au vu de mon style de jeu, j’ai besoin d’explosivité. Quand je décris mes moments où je ressens de l’explosivité, j’ai l’impression que le bruit d’impact de mes balles est décuplé. Je vais donc choisir comme élément le son de la balle. En match, je vais donc prendre le temps de la faire rebondir en me concentrant dessus jusqu’à ce que le son me paraisse décuplé, ou au moins fortement augmenté.
Il est important que les ancrages que vous allez choisir correspondent vraiment à une énergie, à une émotion dont vous avez besoin.
Je donne souvent comme consigne à celles et ceux qui veulent développer des routines de commencer par UNE routine.

Utiliser ses routines naturelles.

Vous avez donc :

  • identifié des comportements/images/sons/sensations que vous avez dans des moments positifs.
  • Identifié parmis eux ceux qui vous seraient le plus utiles au vu de votre jeu.

Il ne reste qu’à les utiliser en cours de jeu : au moment où vous avez besoin de l’énergie spécifique, répétez l’élément jusqu’à ce que la bonne énergie s’installe.
L’avantage de cette méthode c’est qu’il n’y a pas de temps d’apropriation : ce sont déjà des éléments que votre cerveau a lié à des états positifs.
A vous de les utiliser au moment nécessaire.

savoir au début du point

Mon conseil final : au début, n’ajoutez rien. Prenez le temps de les vivre, de les mettre en place. Rapidement vous saurez si vous devez les modifier, les compléter, les faire évouer. Partez d’une routine, apprenez à l’utiliser, à l’optimiser. Puis si vous en avez vraiment besoin, prenez en un second. Mais évoluez un pas après l’autre.

Exemple : Pour obtenir un état de calme, je souffle profondément. Au bout de quelques matchs, je me rends compte que j’aurais aussi besoin de fixer mon regard. A ce moment là je peux rajouter un élément visuel de type “j’imagine une tache de couleur là où je souhaite envoyer la balle”.

Résumé

Bien déterminer l’état que l’on recherche
+ identifier nos habitudes lorsqu’on est dans cet état
+ les ré-utiliser volontairement pour susciter cet état

voilà les trois étapes de cet exercice.

C’est un exercice qui demande d’être attentif, de savoir se relire, mais qui permet de rapidement générer des états positifs en cours de jeu.

En plus d’améliorer votre plaisir de jeu, ces états créent des respirations mentales souvent bien utiles entre deux temps de concentration intense. Des petits instants de récupération simples, et terriblement efficaces.

Vous utilisez vos propres conditionnements naturels pour tirer le meilleur de vos expériences.

Si ce billet vous a plu, vous trouverez d’autres ressources sur ma chaîne Youtube consacrée à la préparation mentale.
Et je me ferai un plaisir de répondre à vos questions dans les commentaires de cet article, alors à très vite !

Antoine

Crédit Photo mise en avant : Del

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