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comment j ai amélioré mon service en match grace à la Programation Neuro Linguistique

Après m’être incliné au premier tour du tournoi de Rochefort de manière fort peu brillante un samedi matin à 9 heures, je pris deux résolutions.

La première est que la prochaine fois je me lèverai plus tôt. La deuxième est que j’irai taper quelques services avant mon match, dans le but de m’éviter de faire encore une fois, trop de doubles fautes.

Mon terrain de tennis favori ©Vincent Bonnin

En fin d’après midi, le tournoi m’appelle pour me signifier mon premier tour de consolante pour le lendemain matin 10h30. Impossible de me défiler, je servirais donc un seau de balle une heure  avant mon match.

Après m’être levé à 7h00, je finis de déjeuner à 7h30, soit plus de 3 heures avant mon match. Je suis dans le timing parfait pour tracer en direction des greenset déserts de mon club de Tonnay-Charente.

Au bout d’une demi-heure de répétitions, je range mes affaires. Je suis satisfait de mes services.

A 11h00, je foule le terrain poussiéreux  en terre-battue du tournoi. En raisons des restrictions d’eau imposées par la préfecture, il est interdit d’arroser les terrains de sport en cet été 2011. Tous les courts en terre battue sont défoncés et la moindre brise soulève la brique pilée qui recouvre les terrains. Les joueurs sont parfois aveuglés par le sable.

A l’instant où je démarre mon match, quelque chose ne va pas sur mon service. Mon lancer est trop court, mon geste crispé et mon rythme désynchronisé. Le résultat ne se fait pas attendre, mes premières balles atterrissent dans le filet et mes deuxièmes manquent cruellement de sécurité. Après avoir comptabilisé trop de doubles fautes je décidais de réagir. Restait à savoir comment, vu que j’ai pris la décision de ne plus m’énerver…

La question des repères visuels

Au service, l’action du bras gauche (du droitier) est déterminante. Sans bon lancer de balle, pas de bon service. Sans bons repères visuels pas de bon lancer de balle. C’est pour cela que l’on peut être un redoutable serveur à domicile et un piètre serveur en terrain inconnu. C’est pour cela également que Les joueurs pros ont toujours la possibilité de s’entrainer, ne serait ce qu’une demi-heure, sur le terrain ou ils vont disputer un match.

Dans le cas présent, une deuxième difficulté s’ajoute. La terre battue recouvre peu à peu les lignes et les limites du terrain disparaissent peu à peu. Je comprends soudainement pourquoi j’ai toujours plus de mal à servir sur terre battue que sur les autres surfaces : les lignes ont tendance à disparaitre, au fil du jeu.

Ce problème fut vite résolu. Au tennis, les dimensions étant les mêmes d’un court à l’autre, il n’est pas forcement indispensable  de voir le terrain. Il suffit de l’imaginer. Dans le cas présent, j’ai choisi de visualiser avant de servir, les belles lignes blanches sur fond vert de mon terrain d’entrainement.

Le stress du match

Il est un fait étrange pour le néophyte mais indiscutable pour  le pratiquant. Il arrive souvent que l’on serve à la perfection à l’entrainement et de manière extrêmement faible en compétition. Et c’est vrai que je me demande pourquoi j’expérimente ce jour là une telle différence. A 9h00 sur mon terrain d’entrainement mes premières balles claquaient et mes deuxièmes après avoir navigué largement au dessus du filet giclaient dans le carré.  Deux heures après avec un adversaire en face et dans un match homologué par la fédération mon beau service du matin s’était évaporé.

Pour résoudre ce deuxième problème, je poussais un peu plus loin mon exercice de visualisation du premier point. Lors de la phase de préparation de mon service, il me suffit de non seulement imaginer que je servais sur mon court d’entrainement, mais en plus que je servais seul, sur des cibles, avec un seau de balle à coté de moi. J’adoptais également le rythme d’enchainement des services du matin.

Le résultat ne se fit pas attendre et mon corps recouvra presque instantanément un relâchement identique à celui que j’avais deux heures avant. Mon service était passé de point faible générateur de faute à celui de valeur sure pourvoyeuse de point gratuits.

Le tennis un sport mental à 80 %

Quand un joueur pro rate un point facile, on le voit souvent mimer le geste à blanc dans le vide. La logique pourrait laisser croire qu’ils cherchent à corriger un défaut technique. La réalité est toute autre car ces joueurs savent pertinemment qu’ils ne peuvent corriger leur technique en match. Le but de cette gestuelle est de se reconnecter avec la sensation du coup qui fonctionne et qu’ils ont réussi des milliers de fois à l’entrainement. Les défauts techniques du coup d’avant sont vite oubliés car les grands joueurs sont aussi de grands amnésiques.  Mais ce sera l’objet d’ un prochain article.

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5 réponses à comment j ai amélioré mon service en match grace à la Programation Neuro Linguistique

  1. Jérémie dit :

    Salut,

    J’ai découvert ton blog il y a quelques jours, je le trouve très intéressant.
    J’utilise aussi des techniques de PNL, notamment au service, et c’est vrai que le résultat est bluffant.
    Pour ma part, je m’applique à visualiser le service que je vais tenter.

    Exemple : je sers coté égalité (à droite), et je veux servir sur le T, une balle puissante. Alors je me remémore une précédente tentative qui avait fonctionné, un ace, en me disant « Tu l’as déjà fait, alors tu peux le refaire ».

    Sinon il m’arrive aussi de visualiser des joueurs pro (surtout Federer) en train d’effectuer le geste. Et cela fonctionne aussi.

  2. Philippe - Coaching PNL dit :

    Coach PNL moi-même mais pas dans le domaine du sport, j’avais trouvé deux bons livres sur l’utilisation de la PNL dans le tennis et le golf :
    – Tennis – Pensez Comme un Champion de JP Vaillant, praticien en PNL
    – Golf : Le mental pour scorer, du même auteur.
    Deux livres de développement personnel autant que de coaching sportif.
    C’est la première fois que je trouve un témoignage sur un blog.

    • Vincent Bonnin dit :

      merci Philippe pour ton commentaire et tes deux excellentes références bibliographiques.
      Je chroniquerai certainement bientôt – Pensez comme un champion – qui est un de mes ouvrages de référence dans le domaine de la préparation mentale.

  3. BERGEZ dit :

    Bonjour,

    J’ai bien aimé la réflexion « vu que j’ai pris la décision de ne plus m’énerver… ».
    Federer était un grand nerveux et casseur de raqueur, jusqu’au jour où il a décidé de ne plus s’énerver… et depuis, ben il s’énerve plus.

    Juste une remarque sur le pourcentage de mental que tu évalues à 80% :
    Je pense que le tennis se décompose ainsi :
    – 1/3 : technique
    – 1/3 : stratégie
    – 1/3 : mental
    et 100% de concentration.
    Souvent, on pense que c’est le mental qui nous fait défaut, alors que c’est la concentration qui nous fuit.
    Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand la fatigue s’installe, rester concentrer est un atout au tennis et jouera sur votre mental.
    Pour l’anecdote, mon partenaire d’entrainement était venu me voir jouer un match et j’ai perdu le 1er set 6/2.
    Je revenais sur le banc tête basse, et il m’a juste dit : « rien n’a changer pour toi, comme avant le match, tu as toujours 2 sets à gagner ! »
    Ce relativisme (concentration et mental) m’a remis dans le match et je l’ai gagné.

    Nicolas.

    • Vincent Bonnin dit :

      Bonjour Nicolas,
      Merci pour ton commentaire et content que mon article t’aie intéressé.

      L’exemple de Federer est bon (et il me flatte), mais le Federer d’aujourd’hui en total-control ne s’est pas fait en un jour. En tout cas c’est une bonne stratégie que d’intellectualiser les situations stressantes pour éviter de s’ énerver.

      La part du mental varie en fonction du niveau du joueur et plus on monte dans les niveaux, plus cette part est importante.

      Félicitation pour ta victoire, remonter un handicap d’un set n’est jamais aisé et démontre toujours un bel effort physique, stratégique et mental.

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