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Rencontre avec Alexis Santin fondateur de l’académie tennis tactique

alexis santin tennis tactiqueAlexis Santin, mon coach du mois, n’a jamais enseigné le tennis en club. Pourtant, grâce à une approche très originale de notre sport, basée sur des préceptes empruntés au consulting d’entreprise, il est parvenu à faire faire des progrès spectaculaires à de nombreux joueurs amateurs. Sa méthode, Disponible sur le site de l’Académie Tennis Tactique, creuse tout simplement deux aspects très sous-exploités dans l’enseignement traditionnel du tennis : la tactique et le mental.
Au détour de cet entretien à la fois corporate et ludique, vous prendrez connaissance des concepts de seuil de régularité, de zone d’opportunité ou d’intensité idéale et peut être arriverez-vous à isoler votre contrainte voire à définir vos objectifs de comportement sur le court.

Transcription texte de l’interview

Vincent Bonnin : Alexis Santin bonjour.

Alexis Santin : Bonjour Vincent, ça va ?

Vincent Bonnin : Tu as fondé l’Académie Tennis Tactique, c’est un blog de tennis qui se concentre plus particulièrement sur l’aspect tactique. Pour démarrer, peux-tu nous parler de ton parcours de tennis, professionnel éventuellement, et surtout la question qui m’intéresse, c’est qu’est-ce qui t’a donné l’idée de lancer ce blog ?

Alexis Santin : Tout d’abord, je suis ravi de pouvoir donner ces conseils. C’est une approche différente, je ne suis pas prof de tennis, mais je vais peut-être vous permettre de progresser rapidement. J’ai recommencé le tennis après une grave blessure, je me suis explosé la clavicule en plusieurs morceaux et pendant un an je n’ai pas pu lever le bras gauche au-delà de l’épaule. Quand le chirurgien m’a dit que je pouvais reprendre le sport, mais pas de contact, j’ai repris le tennis vraiment par hasard. C’est un ami qui savait que j’avais joué quand j’étais jeune, je suis alors monté jusqu’à 30, mais un peu par chance, je suis vite redescendu. J’ai dû arrêter le tennis quand j’avais 16 ans. Entretemps, j’ai dû jouer 30 minutes par an environ pendant dix ou douze ans.

Quand j’ai souhaité reprendre un sport, je ne savais pas quoi faire. Et un jour un ami qui revenait en France m’a appelé et on a joué au tennis, je me suis emballé et c’était parti. J’ai senti que je pouvais progresser, parce que j’ai tout de suit appliqué ce que j’ai appris dans le monde professionnel, où je travaillais comme consultant dans les directions d’entreprises, que ce soit dans les lancements de nouveaux projets, ou de fonds d’investissement dans différents domaines, comme la banque ou les télécoms. Et j’ai décidé d’appliquer les méthodes que j’ai apprises dans la logistique, dans les livres, c’est-à-dire comment permettre à l’entreprise d’avoir une croissance rapide, à deux chiffres et d’appliquer ça au tennis ; me dire que je change les règles du jeu et aujourd’hui qu’est-ce m’empêche de pouvoir progresser.
J’ai commencé comme ça, je n’avais pas de partenaire, je ne connaissais personne qui jouait au tennis. J’ai pris une licence, je me suis inscrit à des tournois, en essayant d’appliquer ces concepts.

Vincent Bonnin : C’est intéressant, parce que tu as démarré tout de suite la compétition, tu as fait directement des matchs officiels.

Alexis Santin : Exactement, je ne me suis même pas entrainé. Je ne connaissais personne. Avant, j’avais travaillé à Paris, Milan et là je revenais dans ma « petite » ville à Troyes. J’ai commencé par être joueur.

Vincent Bonnin : Tu as décidé de faire des tournois et de rencontrer des joueurs.

Alexis Santin : Oui, au moins j’aurai un adversaire.

Vincent Bonnin : Et pour toi la problématique de la différence entre l’entrainement et les matchs ne se posait pas, puisque tu ne faisais que des matches.

Alexis Santin : Exactement et je pense que c’est pour ça que j’ai pu progresser rapidement, parce que je voyais chaque match comme un entrainement. Je me disais tiens aujourd’hui je vais appliquer cette stratégie gauche droite ; aujourd’hui, je vais mettre trois balles au-delà de la ligne de service. Et en faisant comme ça à chaque match, j’ai progressé.

Vincent Bonnin : C’est ce que les spécialistes du mental appellent les objectifs secondaires, par rapport à l’objectif principal qui va être la victoire et sur lesquels on a tout intérêt à se concentrer pour pouvoir avoir un peu de relâchement et de lâcher-prise.

Alexis Santin : Exactement, la méthode est basée là-dessus, j’appelle ça objectif final, un objectif de résultat qu’on cherche à avoir et l’objectif de comportement, quel comportement on va avoir sur le terrain, quel plan de jeu, qu’est-ce qu’on doit faire. Et à partir de l’objectif final, par exemple prendre trois classements, tu dois dire qu’est-ce je dois faire tous les jours, ou à chaque match en tout cas, pour qu’atteindre ce classement soit inévitable et créer ces conditions autour de toi. C’est-à-dire que les gens vont te regarder et ils vont dire que c’est normal qu’il ait gagné trois classements, vu qu’il s’entraine à faire vingt minutes de service chaque semaine. Et créer ces conditions pour que tu atteignes ton objectif de manière inévitable, automatique.

Vincent Bonnin : Donc, en fait tu creuses un sillon qui a été très peu utilisé dans l’enseignement traditionnel et même sur Internet on voit des vidéos de professeurs expliquer comment faire des coups. Quand les élèves font des cours collectifs, le professeur a un programme, il fait faire de la technique, il étudie certaines phases de jeu. Et même quand un élève va voir un professeur pour un cours particulier, souvent il a des questions par rapport à la technique et au fait qu’il réussisse bien ou pas bien un coup. Mais l’efficacité sur un match dépend aussi de comment on joue soi-même, de son identité de jeu, de ses points forts et comment on va les utiliser selon les points faibles de l’adversaire. Toi, dans ta méthode tu vas demander au joueur de s’analyser, d’analyser sa contrainte. Est-ce que tu peux nous expliquer ça ?

Alexis Santin : C’est le point de départ, par où commencer, comment faire pour progresser, on passe par là. On a tous un objectif, qui est de progresser et de gagner un, deux, trois classements assez rapidement et on doit se poser la question d’après – en fait tout ça est basé sur des choses que j’ai pu voir – la théorie des contraintes dans le monde de la logistique, il y a un livre dessus qui s’appelle Le but. On va utiliser cette théorie qui postule qu’un élément, donc vous, vous n’allez fonctionner qu’au niveau de votre contrainte. Et tant que votre contrainte vous empêche de passer un cap, vous resterez à ce niveau. Donc, vous devez absolument prendre cette contrainte et élever son niveau de jeu pour que tout le système puisse s’élever.
Avant de faire ça, la simple question à laquelle vous devez répondre, c’est quel est l’élément aujourd’hui numéro un qui vous empêche de passer un cap, de gagner à un, deux ou trois classements au-dessus. Et là, les réponses vont varier, ça peut être le revers, le service, la seconde balle, le fait de louper ses balles lorsqu’elles sont un peu plus courtes. Donc là, on a déjà un point de départ, on sait ce sur quoi on va travailler durant les prochaines semaines et on va travailler uniquement là-dessus. C’est extrêmement important.
Quand j’ai repris le tennis, j’ai vu que la plupart des joueurs faisaient toujours le même entrainement, on fait des balles, on fait un match, on fait ça pendant dix ans et on ne progresse jamais. Vous devez absolument vous concentrer sur votre contrainte et vous dire aujourd’hui je vais travailler ça jusqu’à l’émergence d’une nouvelle contrainte, d’un nouveau problème dans votre jeu qui va vous empêche de passer un cap.

Vincent Bonnin : Toi personnellement tu as progressé de non classé à 30, de 30 à 15/3. Quelles étaient tes contraintes personnelles que tu as petit à petit éliminées ?

Alexis Santin : Quand j’ai repris le tennis, j’avais un niveau 30/2 environ, maintenant je suis classé 15/1 et je pense avoir un niveau un peu au-dessus en tout cas à l’entrainement, même bien au-dessus. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens aussi qui ont ce niveau, 30/1, 30/2 et qui ont du mal à passer ce cap. Ma contrainte à ce niveau était tout simplement mon seuil de régularité, parce qu’à 30 /2 on commence à avoir des bons coups, à savoir jouer, on a un coup un peu plus fort, on va avoir un bon coup droit par exemple, on peut taper assez fort, on peut avoir un bon service. Et donc, on s’enflamme un peu et on va perdre des matches contre des gens plus « faibles » que nous. Et on ne comprend pas, on se dit qu’est-ce qui se passe, pourtant je joue bien, je suis meilleur à l’entrainement. Et donc on va essayer de trouver des solutions.
Ma première contrainte a été d’augmenter mon seuil de régularité et de me dire d’arrêter de vouloir attaquer en trois coup de raquettes et qu’il fallait mettre trois balles longues dès le début d’échange et regarder ce qui se passe. A ce niveau, lorsque vous êtes capable de mettre trois balles longues à chaque échange, vous gagnez 80% des points. Ça a été ma première contrainte. Il faut arriver à la maitriser totalement, c’est-à-dire être capable de jouer long sans forcer, de gagner quasiment tous vos points sans jamais attaquer ; alors que moi j’ai plutôt un jeu d’attaque, là j’ai été un peu contre nature, mais c’est un passage quasiment obligé, pour monter, donc j’ai pu monter jusqu’à 15/3 et je pense qu’on peut monter jusqu’à 15/5, 15/4, 15/3 à-peu-près.
A partir de 15/3, il y a un nouveau palier à franchir, qui est de profiter des balles dans la zone d’opportunité, qui sont les balles un peu plus courtes, savoir quoi en faire, savoir punir l’adversaire. Les joueurs qui sont 15/2, 15/1 sont des joueurs qui savent punir l’adversaire lorsqu’il a fait une balle un peu plus courte.

Vincent Bonnin : Qui savent exploiter la balle courte.

Alexis Santin : Exactement. Parce que ça peut être très frustrant. C’est aussi une zone dans laquelle on ne s’entraine jamais, on s’entraine toujours sur le fond du court et la zone à mi-court, on va avoir tendance à faire un coup plein, alors que le terrain est plus petit, que le filet est plus « haut » parce qu’il est plus près. Evidemment, le coup est totalement différent, ce n’est pas la même préparation, donc si vous ne vous entrainez jamais dans cette zone, vous ne pouvez pas progresser et évidemment ça va générer beaucoup de frustration.

Vincent Bonnin : Oui, ce n’est pas la même trajectoire. En fait, à 15/3 tu t’es retrouvé à avoir des balles courtes sans pouvoir les exploiter et face à des adversaires qui justement, quand au bout de trois balles tu faisais une balle un peu plus courte, te punissaient toi-même.

Alexis Santin : Exactement. Je m’en suis rendu compte assez rapidement et j’ai toujours eu dans l’optique d’avoir un jeu agressif, un jeu vers l’avant, parce que ça donne l’opportunité de contrôler le jeu, d’avoir une plus grosse marge de manœuvre et toujours d’être dans cette optique d’essayer d’avancer. J’essaie de ne jamais reculer, de rester sur ma ligne et d’avancer, pas forcément d’attaquer, c’est-à-dire dans la zone d’opportunité, ne pas dire aller c’est parti, là c’est maintenant où jamais, soit je fais un coup gagnant, soit je fais une faute, ce n’est pas ça, c’est j’avance tout simplement.

Vincent Bonnin : C’est d’ailleurs une des idées reçue des joueurs qui pensent qu’à 15/1, 15, on a des joueurs qui sont tout de suite très physiques et qui tapent très fort et en réalité on s’aperçoit que ce n’est pas tout à fait ça. J’ai un objectif d’être un joueur classé 15, il y a beaucoup d’amateurs de tennis qui me disent que ce sont des athlètes, il faut vraiment avoir un gros physique. Qu’est-ce tu en penses ?

Alexis Santin : Il y a le talent aussi, on voit des joueurs qui sont -30, -15 qui sont gros, qui ont de la bedaine. Il faut bien s’entrainer physiquement, parce que le tennis c’est un sport complet, donc on va s’entrainer physiquement et techniquement. Mais il y a deux aspects qui sont totalement oubliés aujourd’hui, qui sont le mental et la tactique et ce sont presque les deux éléments les plus faciles auxquels il faut s’entrainer. Une technique, c’est plus difficile, pourtant on se focalise là-dessus et c’est ce qui nous donne le moins de marge de progression. Tandis que la tactique et le mental, c’est là où il y a la plus grosse marge de progression pour chacun d’entre nous.

Vincent Bonnin : Oui, tout simplement parce que comme c’est quelque chose qu’on ne travaille jamais, on part de zéro ou presque, et si on s’y penche un peu on fait rapidement des progrès dans ces deux domaines.

Alexis Santin : Tout à fait.

Vincent Bonnin : A travers ton blog, Tennis Tactique, tu es en contact très souvent avec des lecteurs, on t’écrit beaucoup, on te pose des questions. Parmi les joueurs qui vont être en quatrième série et qui vont démarrer en début de troisième série, quelles sont les questions qui reviennent beaucoup, qu’est-ce qu’ils arrivent à identifier le plus souvent comme contrainte, le revers, le service ?

Alexis Santin : Effectivement, je reçois beaucoup de questions, les six derniers mois j’ai reçu plus de 700 emails, mais ça me fait plaisir, ça me permet de connaitre les gens. A ce niveau, la contrainte qui revient le plus, c’est que les gens pensent souvent que c’est leur revers par exemple ou le fait de ne pas être capable d’attaquer correctement ou de moins bien jouer en match. Il y a aussi le service, le fait d’avoir un second service assez faible.
Quand j’ai repris le tennis, niveau 30/2, je n’avais pas de revers ; le revers plat, j’en loupais un sur deux et le revers slicé, j’étais incapable de le faire ; je faisais une balle haute ; et mon second service était une balle poussée. Mais je ne me suis pas concentré là-dessus, je me suis concentré sur la tactique et quand on fait ça, on a plus confiance dans ces coups et la technique vient quasiment, parce que tu sais quelle zone tu dois jouer, ce que tu dois faire et tu ne te concentres pas sur ta technique et finalement tu as un geste un peu plus naturel.
Donc, on va se focaliser sur un coup, mais c’est une erreur, parce que c’est très difficile d’être aussi bon partout. Qui est aussi bon en coup droit et revers? Nishikori peut-être, il y a un ou deux dans le top 100 qui sont aussi bon à gauche et droite, c’est très difficile. Donc, si vous avez un coup plus faible comme le revers, faites-en un bouclier, c’est-à-dire n’essayez pas d’en avoir un aussi puissant que le coup droit, mais juste d’avoir un revers croisé, haut, long, juste se concentrer là-dessus. Et ensuite, on se concentre sur notre identité de jeu qui va être de mener le point avec le coup droit.
En tout cas, seuil de régularité à augmenter et ne pas tenter les coups impossibles lorsqu’on est en défense, ça permet de gagner un, deux, trois classements assez facilement, en tout cas dans les prochains mois lorsqu’on est à ce niveau.

Vincent Bonnin : Donc, en éliminant progressivement les sources d’erreurs tactiques, les mauvais coups, puisque souvent on se reproche d’avoir fait un mauvais coup, mais en fait ce n’est pas le coup qui est mauvais, c’est le choix tactique. Par exemple, on est en défense, il faut faire un coup de défense ; et si on cherche à faire un coup d’attaque, on est sûr de multiplier les fautes et c’est normal. Je pense que c’est une bonne philosophie. Arriver à éliminer progressivement les mauvais choix tactiques pour pouvoir justement faire moins de fautes.

Alexis Santin : Là-dessus, je vais te raconter une petite histoire qui illustre ça parfaitement, j’étais présent lors des phases finales à National Tennis Cup, ça se passe au Cap d’Agde, un tournoi par classement. J’y suis allé, j’ai fait finaliste à 30. Et lorsque je suis arrivé, il y avait deux terrains, un terrain où ça jouait fort, je regardais de loin. Et un autre terrain où ça jouait un peu plus cool. J’ai demandé les classements et on m’a répondu que pour le terrain où ça tapait fort c’était des 30/2. Bizarre, pourtant ils ont l’air de bien jouer, en tout cas de loin. Et pour le terrain où ça jouait cool, c’était des 15/2.
C’était bizarre. Il y avait une véritable différence, de loin ça avait l’air fort, mais quand on regardait de plus près, les 30/2 ça finissait au bout de deux ou trois coups, on voyait que les joueurs tentaient des choses un peu impossibles. Peut-être qu’il y avait un beau coup qui passait une fois sur dix, ça tapait fort. Tandis que les 15/2, ça jouait calmement, à intensité stable, mais ça remettait dans le terrain, il y avait des points, des échanges, on jouait des zones. Pourtant, on aurait pu croire que les 30/2 étaient meilleurs, il y avait quand même une grosse différence de classement qui se jouait là-dessus.

Vincent Bonnin : Pour terminer, je vais te demander un conseil personnel, savoir si tu as ton idée là-dessus, en ce moment j’ai vraiment du mal sur mes débuts de matches, c’est-à-dire que très souvent je démarre à 2/0, quitte à quelques fois gagner 6/2, mais vraiment les premiers coups de raquette je ne sais pas quoi faire. Au bout de deux ou trois jeux je commence un peu à me remettre les idées en place, j’arrive à trouver une espèce de fil directeur. Comment tu procèdes sur les deux ou trois premiers jeux quand tu as juste fais les cinq minutes de balles qu’on appelle balles d’échauffement, alors que tu ne sais pas vraiment sur quoi va se baser ton adversaire. Quelle est ta stratégie par rapport à ça ?

Alexis Santin : Si tu perds au début, peut-être que tu fais la faute un peu trop tôt. Il y a aussi une question d’intensité, au niveau mental les coachs nous expliquent que c’est important d’avoir une intensité idéale, c’est-à-dire où on est le plus performant. Il faut fixer une échelle entre zéro et dix. Moi, je sais que c’est autour de 6.5, 7, ne me demande pas pourquoi, c’est une impression que j’ai, je sais que quand je suis à une intensité nerveuse, une intensité dans les coups, à 6 .5, 7, je suis bien, je frappe bien dans la balle, je peux jouer quasiment où je veux et je suis bien.
Et j’ai remarqué que personnellement en début de match, parfois je vais vouloir un peu forcer, je vais monter à 7.5, 8 au niveau de cette intensité un peu nerveuse et vouloir tenter un petit peu trop de choses. Ou des fois je vais être un peu trop cool et me dire que de toute façon c’est le début, il faut vraiment que j’assure mes premiers coups et je vais être à niveau d’intensité 5 qui va être beaucoup trop faible en fait et l’adversaire va en profiter. Donc, soit en général on va se faire attaquer dès le début, soit on va faire des fautes directes dès le début. Je ne sais pas aujourd’hui quel est ton cas, tu es dans quelle situation? tu fais plutôt les fautes ou tu te fais attaquer ?

Vincent Bonnin : En fait, c’est l’un ou l’autre, c’est une théorie très intéressante, parce qu’effectivement soit j’essaie de commencer trop dur et je vais un peu surjouer et faire un peu trop de fautes, soit carrément je vais être trop cool et je vais me faire agresser.

Alexis Santin : Exactement, c’est les deux cas de figure, c’est pour ça que c’est important d’avoir ce repère, mon intensité idéale en général se trouve entre 7 et 8 à-peu-près, ça dépend des joueurs. Toi, quelle est ton intensité de jeu idéale ?

Vincent Bonnin : Ça doit être une intensité moyenne à supérieure, puisque j’aimerais bien avoir un jeu assez agressif.

Alexis Santin : L’échelle n’est pas la même pour tout le monde. Mais c’est important d’avoir ça comme ligne de mire qui te donne un cadre, que ce soit en match ou à l’entrainement. A l’entrainement aussi c’est important, faire un exercice, commencer en intensité 5, à la cool, c’est facile, on arrive à viser les zones, puis augmenter l’intensité, comme des vitesses, vitesse 6, 7, 8, et autour de 8, 9, on commence à faire beaucoup plus de fautes normalement.

Vincent Bonnin : Alexis merci pour cet entretien et à bientôt peut-être sur Blog Tennis Concept.

Alexis Santin : OK pas de souci, ça me fait très plaisir d’avoir pu répondre à tes questions. Les gens peuvent me retrouver sur Tennis Tactique. Et merci à toi, je trouve que tu fais un super travail et tes articles sont hyper complets, je voulais aussi te féliciter pour ce que tu fais Vincent, parce que tu permets à tous ces joueurs de progresser, notamment ceux qui sont abandonnés par les clubs, en tout cas ceux qui ont plus de 30 ans et qui n’ont plus d’espoir pour être pro. On a quand même des ressources grâce à toi, merci pour ça.

Le site d’Alexis : Tennis Tactique

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3 réponses à Rencontre avec Alexis Santin fondateur de l’académie tennis tactique

  1. Florent dit :

    Salut messieurs, merci à tous les deux pour vos conseils. J’y pioche régulièrement des idées, ce qui m’a permis de passer de 30/3 en début de saison à 30 au prochain intermédiaire, et certainement à 15/5 en septembre (il ne me manque plus beaucoup de points). Je pense que vos sites sont sans conteste les meilleurs du web tennistique français actuellement pour nous (4e et 3e série) aider à progresser et je les trouve parfaitement complémentaire par ailleurs ! Ils nous font prendre conscience que l’on est nombreux à avoir le même problème, la même contrainte, les mêmes envies, et qu’il y a des solutions pour tous. Merci encore pour vos contributions à notre progression !!

    • Vincent Bonnin dit :

      Merci Florent pour ce commentaire encourageant.

      Je suis particulièrement satisfait de constater que notre démarche à Alexis et moi est utile à de nombreux joueurs.

      Bon courage pour ton accession à 15/5.

    • Alexis Santin dit :

      Merci Florent pour ton commentaire.

      Il me (nous, avec Vincent j’en suis sûr) fait très plaisir.

      Ta progression et tes remerciements sont la preuve qu’il est possible pour de nombreux joueurs de s’améliorer rapidement.

      Félicitations à toi d’avoir eu l’ouverture d’esprit de tester de nouvelles choses. Tes résultats sont vite arrivés ! Bravo.

      – Alexis

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