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Finir son match de tennis, cette difficulté connue de tous !

inutile de s'en cacher c'est difficile de conclure ©not enough megapixels

inutile de s’en cacher c’est parfois difficile de conclure ©not enough megapixels

Pour son deuxième article sur Blog Tennis Concept, Noé Grandotto, préparateur mental professionnel, se sert d’un souvenir de son passé d’ancien joueur de tennis pour illustrer la difficulté à marquer les derniers points qui nous séparent parfois d’une grande victoire.
Terminer un match est souvent plus dur qu’il n’y parait et Noé nous explique ici comment l’erreur d’anticipation et la peur de gagner peuvent détruire les parties les plus solides. Vous comprendrez ainsi l’importance de ne jamais considérer une victoire comme acquise tant que la dernière balle n’a pas rebondit deux fois.

Noé Grandotto est un Coach mental dont le cabinet Cré’Action est basé à Bordeaux dans le sud-ouest de la France. Il intervient auprès d’un large public de particuliers, sportifs et de professionnels d’entreprise.

Vous avez forcément un moment en tête ou vous avez mené votre premier set, et vous jouez ce second set un peu plus tendu, le jeu se resserre et votre adversaire sent qu’il va peut-être pouvoir revenir. Jusque la vous étiez fluide vous jouiez au tennis de façon à ce que votre raquette commande votre tête et vos jambes. Vous êtes en mode « automatique » en « réussite ». Puis peu à peu votre jeu se tend, vous commencer à réfléchir au point suivant avant d’avoir joué le point en cours, vous vous projetez dans la victoire finale, vous vous tendez sur le court et votre jeu se dégrade. L’adversaire gagne deux ou trois points et d’un coup il revient, il met la pression. En quelques instants vous perdez pied.

Cette difficulté à finir le match, il ne faut pas s’en vouloir ce n’est pas chose aisée. Il n’est pas simple de canaliser ses émotions, sa concentration lorsqu’il faut finir fort et boucler le match.

Je vais vous raconter un match que j’ai vécu il y a quelques années. Ce match je m’en souviendrai toute ma vie d’autant plus qu’il me sert de référence encore aujourd’hui. Je joue un match pour une place en demi-finale, avec un adversaire contre qui j’ai déjà joué quelques fois. Je sais au fond de moi que je peux le gagner mais je perds à chaque rencontre. Ce joueur type avec qui l’on sait que l’on peut mais on n’y arrive pas car quoi que l’on puisse se chercher comme excuse ce jour là il a été plus fort.

Cette fois pourtant je joue bien, je gagne le premier set 6/4 et je suis parti pour remporter le match menant 5/2 dans le second set. Cela fait un moment que je suis en match, puisque malgré tout, nos échanges sont souvent très longs. Pas mal de paramètres rentrent en jeu ce jour là comme la chaleur de l’été et ma fatigue autant physique que mentale.

servir pour le match, une affaire sérieuse ©mirsasha

servir pour le match, une affaire sérieuse ©mirsasha

Il gagne son service, et me voilà dans la fameuse position où je vais servir pour le match. Je n’avais aucune raison de ne pas réussir. Je sers une première balle un peu molle sur laquelle je me fais attaquer et je perds le premier point. J’enchaine un jeu de services très décousu, je fais une double faute et à l’avantage/égalité je fini par perdre le jeu. 5/4 en quelques minutes, je ne réalise pas qu’il y a quelques points je servais pour le match et là il va servir pour égaliser. Tout va très vite dans ces situations et c’est le moment de profiter du changement de côté pour reprendre ses esprits.
Ce jours là, je ne le savais pas encore, mais je regardais la victoire. Ma fatigue influait sur mes choix, qui influait sur mon comportement. Peu à peu la colère montait, les questions affluaient (« Pourquoi je n’y arrive plus », « il ne me reste pourtant qu’un seul jeu » etc. …) et j’avais beaucoup de mal à rester dans le match. Cette situation n’a fait qu’entrainer des erreurs et bien évidemment nous voilà à 5 jeux partout. L’énervement commence à monter, je fais des fautes que je n’avais pas commises depuis le début, ces fautes que « l’on ne comprend pas ». Je « lâche » de plus en plus de points, je pense à certaines douleurs dues à la fatigue, et à cette victoire qui était juste là, à quelques coups de raquette…

Ne penser à rien d'autre qu'à la balle ©not enough megapixels

Ne penser à rien d’autre qu’à la balle ©not enough megapixels

Je fini par perdre le deuxième set. Je me souviens entamer le troisième et dernier set fatigué, je me sentais lourd sur le terrain. Cette déstabilisation et cette lutte pour essayer de finir le match sans jamais y parvenir m’avait épuisé. J’ai perdu un jeu, deux, trois puis quatre jeux avant d’en marquer un. Je voyais les points défiler de façon incroyable. Je ne contrôlais plus grande chose en réalité. Ce que je faisais de façon instinctive, lorsque ma raquette jouait toute seule et que ma tête ne faisait que décider de l’endroit où il fallait placer la balle était devenu impossible. Mon geste n’était plus fluide, je faisais de plus en plus de fautes de filet comme si mon bras était retenu par un quelque chose et mes chevilles avaient du poids en plus. En fait tout avait changé, ma tête voulait jouer à la place de ma raquette et pensait surtout à la fin du match, à ne pas faire de fautes etc. … Plus le temps passait plus je ne comprenais pas ce qu’il se passait surtout que je jouais ce jour là devant des amis de mon club.
Nous sommes à 5/1 lorsque je me suis remis à jouer « mon jeu ». J’ai marqué deux jeux admirablement bien joués, mais c’était trop tard, mon adversaire de l’époque a fini par réussir à conclure son match. 4/6 7/5 6/3 le match était fini.

Incroyable me diriez vous ? Non normal, tout a fait normal pour des raisons en faite assez simples. En voici une petite explication.

Explication

La fatigue (émotionnelle et énergétique) influe sur votre système nerveux et sur votre cerveau. Cela va entrainer un changement au niveau musculaire mais aussi au niveau de votre concentration et de votre gestion émotionnelle. Notre concentration qui jusque là était centrée sur le présent, sur les points à jouer et sur vos sensations se dissipe et vous vous focalisez sur le passé ou bien sur le futur.

Regarder la victoire en face, notre pire ennemie.

Serena Williams, ici et maintenant ©Tyler Black

Serena Williams, ici et maintenant ©Tyler Black

Une des choses que l’on fait souvent (et parfois de façon complètement inconsciente) c’est de se projeter dans le futur. On fatigue, on a envie de finir et on tombe dans un piège facile. On opte pour un champ d’attention centré sur le futur. Lorsqu’on approche de la fin de match on peut avoir des idées de victoire par exemple, vous quittez alors nécessairement le présent de l’agir et vous vous projetez dans l’avenir. Lorsque vous êtes dans le présent vous fonctionnez en pilotage « automatique » et lorsque vous quittez ce champ d’attention de nombreux dangers et imprécisions arrivent. Le premier risque est de commettre des erreurs d’anticipation et de mettre de l’anxiété dans le présent la où elle n’a rien à faire.

D’un coup la tête réfléchi à chaque coup de raquette, on joue de plus en plus court, on a peur de faire la faute, on réduit la prise de risque et nos erreurs amplifient le tout. On rentre dans un cercle vicieux duquel il est compliqué de sortir. Penser à la victoire ou à la fin (cela peut être la défaite aussi bien sur dans le cas opposé) détruit nos automatismes.
Ce que je savais faire, ce que je faisais depuis le début d’un coup je n’y arrivais plus.
Si l’on pense à la fin on perd ; mais pourquoi ? Et bien par ce que vous pensez à un objectif de résultat. Objectif certes nécessaire mais centré sur quelque chose que vous ne pouvez pas maitriser. L’objectif de résultat est anxiogène et désactive nos ressources.

Plus on y pense, plus la victoire s'éloigne ©Eamon Lawlor

Plus on y pense, plus la victoire s’éloigne ©Eamon Lawlor

Lorsque vous arrivez en fin de match concentrez vous sur vos sensations, sur des éléments que vous pouvez maitriser. Vous pouvez avoir par exemple des objectifs comme « fléchir mes jambes à la frappe de balle » « jouer au filet les points où je peux attaquer » « jouer mes services extérieurs par ce que ce sont les plus efficaces contre ce joueur ». Ces objectifs vous pouvez les maitriser et ils augmentent votre confiance. Si pensez à la victoire cela ne vous fera pas mieux jouer (et au contraire comme on viens de le voir), vous concentrer sur ce que vous pouvez maitriser est votre meilleure chance d’atteindre votre résultat. Lors de votre prochain match si vous vous sentez perdre le contrôle, prenez le temps de souffler, respirer et relâchez vous (en effectuant une respiration abdominale qui aura comme effet de vous rendre disponible énergétiquement et physiquement) et en suivant concentrez vous sur les bons objectifs, sur vous même sur vos sensations les plus agréables en prenant les points les uns après les autres.

Les points les uns après les autres

Chaque point est important, pensez à celui que vous êtes en train de jouer et pas à celui d’avant ou celui d’après. On a peur de finir lorsqu’on commence à stresser, à avoir peur en fait de l’échec. Il faut accepter de faire des erreurs dans le tennis de perdre des points pour réussir à gagner le match. Donnez vous ce droit la, et ensuite passez au point suivant. On a peur lorsqu’on est dans l’incertitude ou que l’on craint l’échec, et vous êtes incertains de gagner ou pas le match, le point suivant tant qu’il n’est pas joué. De même vous n’êtes absolument pas sur de réussir tant que le défi n’est pas terminé. Ce qu’il faut savoir, pour simplifier les choses, c’est qu’il n’est pas logique pour votre cerveau de vouloir gagner sans prendre le risque de faire des erreurs et de perdre. Il faut être rationnel.

Pour finir ce petit article, et pour boucler mon histoire de ce fameux match, il faut que je vous dise quelque chose. Ce jour là comme beaucoup d’autres jours ou j’ai vécu des fins de match difficiles j’ai été enfermé par la peur de finir, peur de passer un cap que je n’arrivais pas à passer depuis longtemps. Finir un match n’est jamais facile, d’ailleurs on l’entend souvent dans le tennis « un match n’est jamais terminé ». Et cette phrase que l’on connaît tous est en effet terriblement vraie. Ce n’est jamais terminé et on a tous connu ce moment où nous perdons confiance, où notre jeu se détériore sans que l’on puisse y faire grande chose. Essayez déjà d’amorcer une autre réflexion, regardez les choses autrement. Si un match n’est jamais fini, avoir du mal à le terminer n’est pas grave. Il faut essayer de rester concentré sur ce que l’on sait faire, sur notre jeu et sur chaque coup de raquette. Lorsqu’on perd un match en tennis on peut affirmer avec certitude que ce jour là notre adversaire était plus fort que nous. Mais vous pouvez aussi vous dire avec la même certitude lorsque vous êtes en position de remporter la partie que jusque là, avec votre jeu d’aujourd’hui, vous êtes plus fort que votre adversaire. Et ce n’est pas les quelques points qui restent qui changeront la donne… sauf si vous commencez à y penser…

Pour l’anecdote, j’ai rencontré ce même joueur en demi-finale cette fois 6 mois plus tard… J’ai gagné !

Et vous, comment réagissez-vous lorsque vous êtes tendu en fin de match ? Si vous avez des interrogations à ce sujet Noé Grandotto répondra à toutes vos questions.

On vous souhaite une superbe prochaine fin de match bien sur !

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14 réponses à Finir son match de tennis, cette difficulté connue de tous !

  1. Vielpeau dit :

    Article très juste. Tout est dit.
    Il existe différents outils en préparation Mentale qui permettent de rester dans le moment présent.

  2. Grandotto Biettoli dit :

    Bonjour Vielpeau,

    Avant tout merci pour votre commentaire. Je suis ravi de voir que l’article vous a plus.

    Il existe en effet beaucoup d’outils et de technique pour apprendre à rester dans l’action et avant tout de savoir comment y rentrer.

    Merci à vous

    Noé

  3. Sharpovic dit :

    Article sympa. Si je peux donner un conseil en toute humilité après une dizaine d’années en seconde série , lorsque l’avance est conséquente , par exemple 5/2, il est logique de jouer un peu le pourcentage , servir l’extérieur car plus facile , essayer de remettre une fois de plus car l’adversaire est dos au mur et a tendance à se débarrasser de la balle. Mais bon , pour tous , quelque soit le niveau , ces 4 derniers points contre un adversaire mieux classé peuvent ressembler à une montagne. surtout quand on a peu de compétition dans les jambes. Jouer point par point et rester agressif (si on a les moyens de l’être sans donner) sont 2 bons conseils selon moi

    • Grandotto Biettoli dit :

      Bonjour Sharpovic,

      Merci pour votre commentaire. Votre analyse est juste, vous mettez en avant le fait que ça peut-être une « montagne ». J’ai vu pas mal de joueur changer leurs mode de jeux en cherchant la « facilité » et jouer le pourcentage sans réussir à conclure. Dans cette solution on implique l’autre personne et nous ne sommes plus en total contrôle de la situation. Si l’adversaire ne se débarrasse pas de la balle et qu’il revient dans le jeux (et nous n’avons aucun contrôle la dessus ce qui peut d’un coup augmenter notre état de stress de façon incroyable) il va falloir être prêt à redonner le coup de « collier » et surtout ne pas perdre pied (confiance, énervement, tension etc.). En préparation mentale (et pas que dans le tennis) nous avons tendance à amener les joueurs à se protéger de ça.
      Mais comme vous le dites très bien, ça peut devenir une « montagne », on est donc bien d’accord que c’est une grosse prise de risque pour beaucoup.

      Dans le fond je trouve votre retour très intéressant avec lequel je suis assez d’accord. Si jouer par point et rester agressif sont deux bons conseils selon vous, il en est de même pour moi 😉 ! Conseil simple qui s’expliquerai longuement grâce à la préparation mentale mais expliqué ainsi cela me semble plus compréhensible pour tous !

      Merci encore pour votre commentaire et à très bientôt !

      Sportivement

      Noé

  4. Vielpeau dit :

    Bonsoir Grandotto. En tant que prof et surtout Préparateur Mental nous pouvons échanger sur les différents outils mais surtout développer leurs intérêts et leurs apports pour des joueurs de tous niveaux.

    • Grandotto Biettoli dit :

      Bonjour Vielpeau,

      Très heureux de lire votre réponse ! C’est bien évidemment avec plaisir. Nous pouvons échanger sur les outils, intérêts et apports. Discuter échanger et développer tout ça.

      Vous retrouverez sur mon site pas mal d’info sur les outils que j’utilise.

      C’est donc évidemment avec plaisir.
      Je vous propose de me contacter via mon email (disponible sur mon site web) si vous le souhaitez pour continuer cette discussion ou via un autre moyen de communication. A votre disposition pour tout sujet !
      Actuellement Formateur auprès d’équipes je n’ai peu de temps mais je répondrai dès que possible.

      Merci d’avance,

      Noé

  5. Mathieu dit :

    Bonjour,

    Le point de vue de l’adversaire est également à prendre en compte.
    Quand on sert pour le match, l’adversaire reçoit pour ne pas perdre, et celà a l’effet inverse de le désinhiber. De lacher des coups quand nous on est parfois à tord trop conservateur.
    ça m’est arrivé hier. J’ai servi 2 fois pour le match au 2eme set, un peu fébrile, avec pour but « de ne pas faire la faute ». Et lui en a profité pour attaquer des balles plus faciles et rester en vie… 2 débreaks.
    Mais au final, pendant le tie-break lui n’a plus eu cet instinct de survie (il avait fait le plus dur?), et moi je me suis forcé à remettre de l’intensité. J’ai pu gagner confortablement le tie-break et m’éviter un 3eme set difficile.

    • Vincent Bonnin dit :

      Merci Mathieu pur ces précisions.

      La bonne connaissance des différentes réactions psychologiques qui interviennent en fin match est bien évidemment un plus pour parvenir à conclure.
      Il est en effet fréquent que je joueur largement mené dans le 3eme se mettent à brusquement très bien jouer alors que son adversaire lève le pied pour assurer.

      Dans pareille situation le bon joueur panique rarement car il sait bien que son adversaire, une fois revenu à sa hauteur, se remettra à penser au score tandis que lui se remettra progressivement à mettre de l’intensité dans son jeu afin de produire le tennis qui lui a précisément permis de creuser l’écart.

      Vincent

    • Grandotto Biettoli dit :

      Bonjour Mathieu,

      Tout d’abord merci beaucoup pour ton témoignage et les précisions que tu apportes!
      D’autant plus que ton retour d’expérience me parle très bien et nous parlera à toutes et à tous. On y retrouve diverse aspects de la préparation mentale: La gestion de fin de match, la peur du résultat ou de l’échec, la concentration sur les bons objectifs.

      Ce que ajoute Vincent est très juste. Si en effet il est important de connaitre les différentes réactions il est plus essentiel encore de le gérer et un bon joueur (sur ce point la du moins) aura plus de facilité à optimiser ces moments.

      Le point de vue de l’adversaire est donc bien sur important mais attention il ne doit pas rentrer comme un aspect important dans notre concentration. On ne peut pas maitriser son attitude vis à vis d’une situation et on peut rapidement être surpris et être pris à « contre pied ».
      Si le fameux adversaire se met à bien jouer une fois qu’il est « dos au mur », lorsqu’il se met à lâcher ses coups il n’a justement plus rien à perdre. Au lieu de ce centrer sur la faute, sur le résultat il se libère en jouant « son jeu ».
      Alors que vous le dites très bien et je l’explique d’ailleurs dans l’article on a tendance (parfois de façon inconsciente) à se projeter dans le futur sur le résultat et on modifie notre champ d’attention. L’objectif « de ne pas faire la faute » est un objectif dit à risque (augmentation du stress et désactivation des ressources). On ne ce centre plus sur notre stratégie et notre jeu mais sur le résultat. Notre jeu change et l’autre en profite. Mais au final le plus important c’est bien nous même, car si on l’on était resté « focus » sur les bons éléments certainement qu’il n’en aurait pas profité autant. De toute façon il vaut mieux s’attarder sur ce que l’on peut maitriser. De façon général et bien trop souvent on s’attarde plus sur le résultat (ne pas faire la faute) que sur les moyens pour l’obtenir et ça fait toute la différence.

      Je suis entièrement d’accord sur ce que vous appelez « l’instinct de survie » je suis fan (une idée d’article me vient même en tête merci !!!) ! Pendant ce fameux tie-break il a du rapidement commencer à penser au troisième set au lieu de rester sur cette bonne attitude. Parfois en effet le stress provoques des réactions physiologique (la lutte, la fuite ou l’inhibition). Dans cette lutte pour lui il a retrouvé ces automatismes en se focalisant sur ce qu’il savait faire.
      Cependant finir son action en gagnant ce tie-break necessite un entrainement mental important. C’est dans les plus forts enjeu qu’on a du mal à mobiliser toutes nos ressources. Mais la situation que vous expliquez est une situation que l’on a tellement pu voir dans le tennis notamment à plus haut niveau. Un joueur revient il joue incroyablement bien il fait le plus dur et puis il est incapable de finir son match à son tour et l’autre reprend le dessus.

      Cette victoire confortable de votre part je ne peux que vous en félicitez car ce n’était pas gagner d’avance et doit être une situation ressource pour vous dans le futur sur laquelle s’appuyer pour retrouver confiance et performance !

      Sur ce bonne continuation, bon tennis et faites vous plaisir !

      A bientôt et au plaisir,

      Noé Préparateur mental

  6. younes dit :

    bonjour vincent, j’ai 14 ans et je trouve cet article très intéressant, j’ai adoré.
    ces derniers temps, j’ai l’impression que lorsque je joue avec des joueurs plus fort que moi ou mieux classé que moi je trouve que je n’arrive pas à jouer mon meilleur jeu : soi je surjoue soi je me crispe. le problème est que en début de match, j’arrive à jouer d’excellent point, et lorsqu’on finit le premier set et que je fais un bon score par exemple 7-5 ou 7-6 c’est comme si mon cerveau trouve que j’ai fais mon maximum et que le fait d’avoir fait 7-6, je n’ai plus besoin de m’accrocher au score.c’est comme si j’essaye de faire un bon score et non pas de gagner.
    je trouve aussi que lorsque je rentre en deuxième set, mon jeu baisse, je me relâche et me crispe.
    j’espère que vous saurez trouvez la clef à ces deux problèmes 🙂
    merci d’avance

    • Vincent Bonnin dit :

      Bonjour Younes,

      Je te remercie pour l’intérêt que tu as porté à l’article de Noé. Ce que je retiens de ton témoignage c’est qu’il y a plusieurs périodes dans les matchs que tu joue en perf. En début de match quand tu joue à armes égales (voir quand tu mènes) face à mieux classé tu n’es pas crispé, pas plus que tu ne surjoue : tu es parfaitement dans l’instant présent.
      C’est quand tu approche de la fin du premier set que tu te crispe certainement en pensant au score (à ta perf): tu n’es plus complètement dans le jeu.

      Au début du deuxième set, en considérant que tu as fait un bon score (et à mon avis), tu sort un peu plus de ton match. Tu es déjà au club house dans ta tête en train de boire un coup ou de prendre ta douche (j’exagère volontairement pour que tu comprenne le phénomène).

      La bonne nouvelle c’est que tu fais d’excellent début de match (ce n’est pas donné à tout le monde). Tu dois être vigilant lors des changement de tes fin de set.

      Mon conseil au changement de côté : respire profondément avant de faire quoi que ce soit d’autre (2 respirations complète c’est l’idéal). Ensuite, essaye d’analyser ce que tu as fait sur le court concrètement pour en arriver là. Enfin, dès que tu revient sur le court, remet en place ta stratégie gagnante jusqu’à présent.

      C’est une question d’entrainement, si tu t’applique, tu aborderas de mieux en mieux tes fins de sets jusqu’à les gagner.

      Et si tu les perd malgré tout, tu aborderas tes début de deuxième avec la rage de prendre ta revanche sur les premiers jeux (c’est ton adversaire qui est censé se relâcher à ce moment là, pas toi).

      Bonne continuation dans tes matchs

      Vincent

    • Grandotto Biettoli dit :

      Bonjour Younes,

      Merci pour l’intérêt que tu portes à mon article ! Je pense que Vincent t’a donné déjà des premières pistes de réflexions intéressante !

      J’insiste sur ce que dit Vincent sur divers points:

      – « C’est quand tu approche de la fin du premier set que tu te crispe certainement en pensant au score (à ta perf): tu n’es plus complètement dans le jeu ».
      Cela est possible en effet. Tu te concentre sur autres choses que le jeu, que le présent, sur ce que tu sais faire. Tu ne mobilises donc plus tes compétences et tu te fais rattraper par la situation. Tu dois passer sur un champ d’attention soit sur le passé (j’ai déjà fait un bon score, je suis déjà content même si je perd etc…), soit sur le futur (comme le dis Vincent en exagérant tu es déjà au club House ou plus fortement possible sur le deuxième set !)

      – Oui c’est une question d’entrainement, mais ensuite ça serra pour toi une question d’engagement. Essai de voir ce que tu fais aujourd’hui? Comment joue tu ce types de matchs? L’objectif est d’analyser ce qui est fait aujourd’hui, pourquoi et comment? Ensuite regarde et analyse ce que tu pourrai faire autrement ! Essai, ose, donne toi l’opportunité ! Le but est de trouver une action différente ! C’est parfois un simple changement très insignifiant qui te ferra rester dans le match ! Une fois un jeune joueur de ton âge que j’accompagnais en Tennis avait fini par réaliser de très belle perf en modifiant sa façon de faire son sac dans le vestiaire et sa manière de « regarder les joueurs plus grand que lui »! Il avait changé des détails petit pour les autres, mais important pour lui !

      – Je suis complètement d’accord avec Vincent sur  » respire profondément avant de faire quoi que ce soit d’autre (2 respirations complète c’est l’idéal). Ensuite, essaye d’analyser ce que tu as fait sur le court concrètement pour en arriver là. Enfin, dès que tu revient sur le court, remet en place ta stratégie gagnante jusqu’à présent ».
      Oui entraine toi à faire des cycles de respiration plusieurs fois par jours et aide toi d’un moyen mémo technique pour ce faire ! Tu notes ce que tu ressens, le nombre de fois ou te le fais et cela te permettra qu’elle soit efficace en match !
      Je conseillerai d’en faire plus que deux lors d’un changement de côté en fin de premier set, plutôt quatre ou cinq prend le temps de te relâcher et penses à ta stratégie, ton jeu, tes sensations agréables qui te font être bien ici et maintenant ! Et donc oui rester centré sur ta stratégie !

      – Enfin dernier point qui me pose question c’est ta vision de ce genre de situation !
      Tu dis « ces derniers temps, j’ai l’impression que lorsque je joue avec des joueurs plus fort que moi ou mieux classé que moi je trouve que je n’arrive pas à jouer mon meilleur jeu ». Dans ce que tu exprimes tu dit avoir « l’impression », tu « trouve » que tu joue pas ton meilleur niveau… Il y a peut-être des croyances cachés la dedans ! N’oublie pas on regarde la situation avec des filtres et regarder une situation autrement change déjà les choses ! Si tu penses que tu joue « moins bien » face aux joueurs mieux classé que toi ça risque d’arriver. Si tu rentre sur le court sans y faire de différence et avec de bon objectif centré sur toi et ton jeu cela inhibera cette pression ! Même chose tu parles de joueur qui sont meilleur que toi? Pourtant tu n’en sait rien et c’est une chose que tu ne peux pas modifier le niveau et le classement de l’autre ! Puis meilleur mais tu as l’air d’être en capacité de faire de très bon résultat … Donc concentre toi plutôt sur ce que tu faire, la ou tu peux agir, sur ce qui dépend de toi !!!
      Essai de te rappeler des moments ou tu as joué ton meilleur niveau pour toi face à ce type de joueur… même pendant un jeu… Tu dois bien en avoir. Cela prouve que ton impression n’est qu’une croyance ! A toi de faire le reste et de te rappeler ces moments. Tu peux gagner en confiance par exemple en t’entrainant avant en imaginant te voir jouer un jeu parfait en réussite et contrôle total face à un adversaire mieux classé (tu imagines ça dans ta tête).
      La plus part des grands joueurs ont imaginé jouer la plus grande final de grand chelem de leurs vie avant de l’avoir joué !!!!

      Voilà quelques pistes de réflexion ! Bien sur ce n’est pas facile de changer tout ça seul, mais essayer de changer les choses et déjà positive et tu peux t’en féliciter !!! Tu agis, les choses vont donc évoluer prend le temps !!!
      Si tu as des questions plus précises n’hésite pas je t’y répondrai avec plus de détail par email !

      Bonne continuation, bon match et encore merci à toi !

      Noé. Coach et préparateur mental.

  7. Christophe dit :

    Bonjour, vraiment très intéressant.
    Je viens de reprendre les competitions après 2 ans d’absences (blessures).
    Je me maintenais en seconde série en ne jouant que l’été.(j’ai 42 ans)
    Désormais je suis 15/2 et je vois bien toute la difficulté que j’ai à mettre de côté mes objectifs de montée, mes fins de matchs, au lieu de privilégier la qualité de mon jeu et le naturel fluide de mes coups qui me mèneront sûrement vers la victoire…et j’aimerais tellement « jouer pour jouer » seulement, sans me projeter…en faisant cela je serais bien plus constant tout au long de mes matchs….
    Comme vous le décrivez si bien « réfléchir à l’enjeu c’est déjà un handicap » on perd facilement et inconsciemment ses moyens un peu comme dans une relation amoureuse lorsqu’on se « met trop la pression, c’est parfois bloquant » …de causes à effets: pression/enjeux peuvent vous emmener sur une piste glissante ou vous tomberez puis perdrez confiance »
    il faut absolument se concentrer sur les moyens que l’on a, que l’on peut mettre en place ce qui engendrera du plaisir et donc la réussite. ..la victoire doit être au second plan, je sents que je progresse sur ce point mais je manque de « constance mentale/psychique »…et malgrè ma longue expérience de ce sport, ca reste pour moi tres difficile de lutter contre ces pensées et ces projections qui me font perdre mes moyens et mes matchs pourtant dominés avant une défaite cuisante et récente.
    5/3 pour moi au 3ème set 40/0 sur mon service…donc 3 balles de matchs…pour perdre au tie break avec là encore des balles de match…comme si je n’avais pas pas voulu de ce match!
    C’est très difficile de reprendre le dessus j’ai cette sensation d’être déçu par moi-même….

    • Vincent Bonnin dit :

      Bonjour Christophe et merci pour ce témoignage,

      Ronan Lafaix a écrit dans un de ses bouquins « s’il était facile de conclure ses matchs, ça se saurait depuis bien longtemps ».

      Donc oui, c’est difficile de reprendre le dessus après avoir laissé filer trois balles de set sur son service mais d’un autre côté il pourra être intéressant d’analyser ce qui c’est passé à ce moment là exactement dans ta tête pour pouvoir s’exercer à mettre en place les parades pour mieux réagir à ce moment là.

      La préparation mentale pourrait t’être utile dans ce but.

      Vincent

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